Les DDEN sont nommés pour 4 ans renouvelables, dans les écoles publiques (maternelles et élémentaires) par les CDEN (Conseils Départementaux de l’Éducation Nationale). Ils ont officiellement pour mission d’informer les autorités municipales, les IEN (Inspecteurs de l’Éducation Nationale) et le DASEN (Inspecteur d’Académie), et parfois le Préfet du Département, des difficultés et anomalies rencontrées dans leurs visites d’écoles dans les domaines d’hygiène, de sécurité, d’équipements, d’entretiens et tout ce qui concerne les conditions de travail et de vie dans les écoles publiques (à l’exception des questions pédagogiques qui ne sont pas de leur ressort).
Ils ne sont pas des adjoints des autorités de l’Éducation Nationale chargées de mettre en œuvre les décisions des pouvoirs publics. Ils sont d’ailleurs bénévoles. Leur indépendance est une de leur première qualité les autorisant à signaler ce qui mérite de l’être pour le bien- être des élèves et le respect de leurs droits à de bonnes conditions d’enseignement, d’étude et de formation. Rassemblés dans leur délégation de circonscription et leur délégation départementale (fonctions administratives), ils peuvent en outre s’organiser librement dans une Association départementale basée sur la loi de 1901 (fonction associative).
Les DDEN s’intéressent donc naturellement aux décisions émanant des autorités de l’État, des Communes, des Départements et des Académies qui concernent la vie scolaire dans les Écoles de la République. Il est de leur devoir de se préoccuper de toute mesure susceptible, selon eux, de nuire à l’École de la République déjà concurrencée par le financement par l’État des Écoles privées sous- contrat (catholiques à plus de 80%).
Les récentes mesures, proposées, annoncées et/ou mises en œuvre, déjà, par les autorités en charge de l’Éducation Nationale, amènent évidemment les DDEN à s’interroger sur leurs éventuelles conséquences sur les conditions de la vie scolaire dans les écoles. Leurs Unions Départementales leur permettent des échanges, entre eux, pour clarifier les situations et contribuer au rassemblement de tous les DDEN et organisations laïques en défense de l’Ecole de la République, face aux risques de démantèlement de l’Éducation nationale.
Qu’ils soient adhérents ou non à une Union Départementale, les DDEN restent des piliers du mouvement laïque. Cela suppose évidemment des discussions libres et fraternelles auxquelles le Délégué Laïque entend contribuer.
PAROLES D’UNE DÉPUTÉE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE
« Je demande un moratoire sur trois ans pour évaluer l’efficacité des fermetures de classes », notamment « en milieu rural » et « dans les quartiers populaires », déclare lundi 20 avril 2026, une députée de la Drôme. Elle a déposé une proposition de loi pour suspendre les fermetures de classe pendant trois ans.
« On est en train d’impacter lourdement l’organisation territoriale, l’aménagement du territoire » et de « renforcer la fracture territoriale », estime la députée. Dans la Drôme, où se trouve sa circonscription, 32 classes fermeront à la rentrée prochaine.
Au total, en France, environ 4 000 suppressions de postes d’enseignants sont attendues pour la rentrée prochaine, dont 1 891 dans le premier degré et 1 365 dans le second degré. Le ministère de l’Éducation nationale justifie ces choix par la baisse attendue du nombre d’élèves.
« Des villages vont perdre leur école »
« J’espère que l’on pourra avoir cette discussion devant l’ensemble des Françaises et des Français » poursuit l’élue. « Cela veut dire la désorganisation de territoires tout entiers, et des villages qui vont parfois perdre leur école (…) plus de temps de trajet pour les enfants, des galères supplémentaires pour les parents et des classes qui sont plus chargées », énumère la Députée selon qui la France est « l’un des pays d’Europe avec les classes les plus chargées au niveau européen ».
La députée de la Drôme « comprend bien » que certains élus de droite aient voté pour sa proposition, mais elle pointe « un double discours «de la part d’Élus qui ont voté, aussi, en faveur du budget 2026 : « C’est un choix politique que de ne pas aller chercher les budgets supplémentaires pour aller investir dans l’école de nos enfants », constate la députée.
UNE MESURE QUI CHASSERAIT DES MILLIERS D’ENFANTS DE L’ÉCOLE PUBLIQUE…
Peu d’entre nous y pense, mais une menace commence à devenir une réalité, honteuse pour notre pays : l’expulsion de milliers d’enfants de familles émigrées.
Déjà des Départements comme la Seine St Denis, le Val de Marne, Paris, les Bouches du Rhône et bien d’autres sont touchés par cette entreprise d’expulsion de familles d’origine étrangère. Elles n’ont commis aucun crime ou délit condamnable mais sont seulement d’origine étrangère (comme le sont actuellement des millions de français !). Faudrait-il dans notre pays copier les autorités américaines qui expulsent systématiquement les travailleurs émigrés (et pas seulement) et qui les remplacent par des machines qui rentabilisent les productions ? Combien de classes (voire d’écoles !) seraient ainsi fermées, dans les écoles primaires, les collèges et les lycées par cette décision aussi ignoble que réactionnaire ? »
Les DDEN peuvent-ils rester indifférent devant ces drames humains ? Bien sûr que non.
LE SÉNAT VIENT DE REFUSER LE STATUT DE FONCTIONNAIRES D’ÉTAT AUX AESH*
*(Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap)
Les établissements scolaires subissent déjà les conséquences de la loi de 2005 (dite loi Montchamp) privant des milliers d’enfants handicapés d’une place adaptée à la nature et au degré de leur handicap, en particulier dans des établissements spécialisés, dont la fermeture est programmée (ainsi que la suppression des personnels médicaux sociaux qualifiés).
Le Sénat en refusant de donner aux AESH un statut de fonctionnaires d’État substitue le « débrouillez-vous » aux droits de ces élèves et de leur famille à disposer des aides professionnelles dont ils ont besoin.
Ajoutons que les remplacements des AESH dont 95 % sont des femmes qui peuvent être en congé de maladie ou de maternité, ne sont pas assurés. Leur salaire est maintenu à temps partiel. Elles sont réparties sur plusieurs écoles comme l’organisent les PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) et les PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité).
Précisons que, avec les PAS, les parents n’auront plus besoin de faire reconnaître au préalable la nature et le degré du handicap de leur enfant (perte des garanties pour les familles de percevoir des indemnités). Est-ce acceptable dans l’école de la République où la solidarité est non seulement un droit mais aussi un devoir ?
Rappelons ici que les écoles privées, même sous contrat d’association, n’ont aucune obligation d’inscrire les enfants handicapés ou en grandes difficultés psychologiques ou scolaires.
Les chiffres sont sans appel : dans plusieurs départements plus de 30 % des élèves disposant d’une notification MDPH ne bénéficient d’aucun accompagnement par une AESH. De plus en plus d’élèves « accompagnés » par une AESH ne bénéficient qu’entre une et 6 heures par semaine sur les 24h de classe, y compris quand la notification par la CDAPH prévoit 24h.
La pénurie des moyens humains indispensables pour ces élèves et leurs établissements prend des proportions insupportables pour tout le monde. Dans le département du Val de Marne, les syndicats ont, ensemble, comptabilisé 1.157 AESH manquantes pour 267 écoles qui en ont besoin, alors que le département en compte 623. Plus de 3.000 élèves sont ainsi privés de tout accompagnement malgré des droits ouverts et reconnus par la MDPH et plus de 500 élèves sont scolarisés en classe ordinaire ou en dispositif non adapté alors que leur notification prévoit une orientation en structure médico-sociale ou mixte avec l’Éducation Nationale (UE externalisée, IME, ITEP, hôpital de jour…).
N’est-il pas temps que les personnels, les parents, les syndicats, et les associations laïques concernées, se rassemblent d’urgence pour faire cesser ces situations insupportables et inadmissibles ?
Michel Landron
