Lu dans « Maire info » du 28/01/26 : Suppressions de postes d’enseignants, fermetures de classes : la confusion règne

Contrairement à ce qui a pu être compris des récentes déclarations du Premier ministre, le gouvernement n’a pas renoncé à supprimer plus de 4 000 postes d’enseignants à la rentrée de septembre prochain. Combien de fermetures de classe s’ensuivront ? Il paraît impossible de le savoir à ce jour, mais les syndicats enseignants sont plus qu’inquiets.

C’est au cours d’une réunion entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats enseignants, hier, que les chiffres sont tombés : les 4 000 suppressions de postes d’enseignants prévues depuis le dépôt du projet de Ioi de finances, à l’automne, sont confirmées. C’est même un tout petit plus, 4 032 pour être précis : 2 229 dans le primaire et 1803 dans les collèges et lycées. Ces chiffres sont supérieurs à ceux qui sont contenus dans le projet de Ioi de finances, qui prévoyait 1 891 suppressions de postes dans le premier degré et 1 365 dans le second.

Pour l’école primaire, toutes les académies sont concernées par ces suppressions de postes, à l’exception de Mayotte et de la Guyane.

À combien de fermetures de classes ces suppressions de postes vont-elles conduire ? Il est impossible de le dire aujourd’hui, mais les syndicats se disent « affolés ». Comme l’explique Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-Snuipp, pour l’année 2025 il y a eu quelque 2 000 fermetures de classes pour 470 suppressions de postes. Alors, « avec presque cinq fois plus de postes retirés, en 2026, la carte scolaire va être particulièrement douloureuse. »

Le gouvernement va-t-il tenir sa promesse de ne pas fermer de classes de primaire sans concertation avec les maires ? La carte scolaire va-t-elle réellement être discutée en amont avec ces derniers, afin de leur donner de la visibilité pour la rentrée prochaine et les suivantes comme le prévoit le protocole signé avec l’AMF daté du 8 avril 2025 ?

500 postes d’AESH réellement nouveaux

Sur les AESH, la déception est aussi de mise chez les syndicats. Le Premier ministre avait Iaissé entendre que 2 000 postes seraient créés. En réalité, les choses sont un peu plus compliquées, ce qui fait dire à certains syndicats, comme FO, qu’il s’agit d’un « enfumage ». Sébastien Lecornu a présenté comme une évolution majeure cette décision de créer 2 000 postes pour « accompagner les élèves handicapés », mais en réalité 1 200 étaient déjà prévus depuis l’automne. Ce sont seulement 500, et non 2 000, qui ont été rajoutés, plus 300 postes d’enseignants en Ulis.

Le ministre de l’éducation nationale, Édouard Geffray, a affirmé que le ministère faisait face à « une chute démographique vertigineuse » qui conduira la perte de « 750 000 enfants dès la prochaine rentrée ». Le gouvernement pourrait profiter de cette baisse démographique – bien réelle – pour améliorer le taux d’encadrement des élèves, mais ce n’est manifestement pas le choix qui a été fait.

Le ministre a expliqué, dans la même phrase, que le budget prévoit à la fois « la création de 5 900 postes » et « la suppression de 4 000 postes ».

Il faudra attendre une communication plus précise et officielle du ministère de l’Éducation nationale pour y voir plus clair.

Il faut maintenant attendre l’officialisation de la carte scolaire pour la rentrée prochaine pour savoir réellement ce qu’il en sera des suppressions de postes et, surtout, des suppressions de classes. Mais l’heure n’est pas à l’optimisme à la matière.