Blog

Incroyable, mais vrai

Un juge du Tribunal administratif condamne les Parents d’élèves demandant qu’un enseignant absent dans l’école de leurs enfants soit remplacé !

Des parents d’élèves de l’école Marcel Pagnol de Mazé-Milon dans le Maine-et-Loire ont estimé devoir saisir les autorités de L’Éducation Nationale pour obtenir la nomination d’un remplaçant « de manière durable et pérenne » dans leur école. Une enseignante est en effet en congé de maladie depuis le 22 novembre 2025 alors qu’elle assure 3 jours d’enseignement sur 4 dans la semaine ! Les solutions ponctuelles mises en place sont insuffisantes et entraînent des interruptions répétées de l’enseignement remplacé par de la garderie.

Les Parents d’élèves, sans réponse à leur demande, finissent par saisir la justice le 23 février 2026 dans le cadre d’un Référé-Liberté, une procédure d’extrême urgence qui permet de sanctionner les atteintes “graves et “manifestement illégales” aux Libertés et Principes fondamentaux consacrés par la Constitution, comme le “Droit à l’Éducation” de leurs enfants et le “principe de continuité du service public de l’enseignement”.

La mission d’Intérêt général d’enseignement n’impose-t-elle pas au ministre de l’Éducation nationale l’obligation légale d’assurer l’enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes ?

La Juge rappellera de façon générale dans une ordonnance du 26 février 2026 que “Le manquement à cette obligation légale, qui a pour effet de priver (…) un élève de l’enseignement (…) pendant une période appréciable, est constitutif d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État.

Dans cette affaire “des enseignants remplaçants ont assuré neuf jours d’enseignement” depuis le 28 novembre 2025. “Les élèves ont été répartis par petits groupes dans d’autres classes” les jours autres que le jeudi, où la binôme de l’enseignante en arrêt-maladie a “assuré son service”.

L’Inspecteur de la circonscription, interpellé par des parents d’élèves (…), a indiqué que l’administration était confrontée à une période hivernale particulièrement difficile et qu’elle ne disposait pas de personnels à même d’assurer le remplacement de l’enseignante absente”, explique la Juge des Référés du Tribunal administratif de Nantes.

Depuis le 19 janvier 2026 le directeur de l’école Marcel-Pagnol a aussi “décidé de mettre en place une répartition des groupes d’élèves dans différentes classes” et de “distribuer des fiches de révision sur les différents disciplines”. Des “fichiers de progression” ont également été fournis “dans l’attente de la nomination d’un remplaçant”. Une remplaçante a bien été nommée le 27 janvier 2026 mais pour un peu moins de trois semaines, jusqu’au 14 février 2026… mais elle a aussi été mise en arrêt.

La Juge en a conclu que “Dans ces conditions, dès lors que l’administration a tenté de remplacer ne serait-ce que partiellement le professeur absent et que les élèves ont toujours été scolarisés en dépit des conditions difficiles de cette scolarisation, (…) il n’est pas établi que l’absence prolongée de ce professeur obère, à ce stade de l’année scolaire, irrémédiablement la réussite scolaire des élèves”, en conclut la juge. La requête des parents d’élèves de l’école Marcel-Pagnol a donc été rejetée.

Moralité : les obligations légales des autorités de l’Éducation Nationale peuvent illégalement être violée. Où va-t-on quand on songe aux conséquences de cette dispense de respecter la loi au moment où l’État décide de supprimer 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée prochaine ?

A la MGEN la CASDEN Banque Populaire et à la MAIF

Denise Bureau-Landron, DDEN, écrit à la MGEN, la CASDEN BP, la MAIF, à propos de la construction d’un collège public dans la ville de Beaupréau

Le 1er Mai 2026

Objet : Prix de l’Initiative Laïque

A tous,

Quand j’ai lu le dernier numéro de la MGEN, le n°343 du 1er trimestre 2026, en dernière page j’ai souri et j’ai eu une envie soudaine de postuler au «  Prix de l’Initiative laïque.  »

Pourquoi ?

En pleine bataille laïque, avec tous les Laïques du Maine-et-Loire, depuis plus de 50 ans pour la construction du Collège public de la ville de Beaupréau, j’étais en train d’écrire un article résumant ce combat et indiquant où, nous, les Laïques du 49 , en étions.

J’ai réussi à résumer ce combat en un recto-verso, mais il y aurait de quoi écrire un livre, et un très «  gros  » livre. Je vous envoie, ce jour 1er Mai, cet article.

Et je me présente. Née en 1943 à Saint-Sébastien sur Loire dans le 44, j’ai occupé mon premier poste dans l’Education Nationale, comme surveillante d’externat au lycée d’Aulnay-sous-Bois, dans le 93. Immédiatement à la MGEN, et peu de temps après à la MAÏF, et puis, enfin, encore quelques années plus tard, à la Banque Populaire et à la CASDEN.

En résumé : Pionne, Maîtresse auxiliaire, PEGC et depuis mon départ en retraite à 60 ans, DDEN (Déléguée Départementale de l’Education Nationale) dans le 93. Je ne développe pas. Laïque … dès ma naissance. Laïque toute ma vie  ! et en retraite dans le Maine-et-Loire, département où sévit encore une guerre scolaire impressionnante, DDEN dans l’École du «  Petit Prince  » du Fresne-Sur-Loire.

L’absence d’un collège public dans une ville de plus de 20.000 habitants est un scandale qui dure depuis bien trop longtemps.

En relisant votre paragraphe de dernière page, je suis persuadée que les Laïques du Maine-et-Loire sont bien « au rendez-vous de l’Histoire  ». Le «  Collectif Vigilance Laïcité49  » qui voit se rencontrer, régulièrement  », depuis des dizaines d’années toutes les Associations, Syndicats, Parents, Enseignants etc… qui se réclament de la Laïcité, et qui organisent des délégations pour porter les textes adoptés, les pétitions etc…, ce Collectif pourra enfin clamer un jour  :  « ouf  ! ça y est  ! le Collège public est enfin ouvert  !  »

Car la 1ère pierre à poser devait l’être fin 2025. Et…elle est encore repoussée  ! Cette première pierre attend depuis si longtemps  ! mais je reste persuadée qu’elle ne brisera pas l’élan des Habitants de Beaupréau  ! ni des laïques du 49  !

Alors, votre initiative, ce prix de l’Initiative laïque, ce 29ème-Rendez-vous de l’Histoire à Blois, du 7 au 11 octobre 2026, serait certainement et même sûrement la plus grande aide « à cette action déjà mise en œuvre  » comme vous l’écrivez dans votre texte. Et, si besoin, je vous laisse mes coordonnées….

Recevez mes salutations les plus cordiales et les plus laïques.

Denise Landron-Bureau, Déléguée départementale de l’Éducation Nationale dans le Maineet Loire.

Extraits du journal « La Croix »  (20 avril 2026 – page 10)

« La Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (FNOGEC) publie un guide à destination des communes qui accueillent une école privée sous contrat afin de les informer sur leur devoir de financement. Une obligation légale dont beaucoup de municipalités n’ont pas ou peu de connaissances. »….

Guide intitulé : « L’école catholique dans votre commune, entend « donner à chaque élu les repères essentiels sur le Forfait d’externat, obligation légale issue de la loi Debré de 1959, trop souvent méconnue ou mal appliquée » explique la FNOGEC dans un communiqué

« Près de 3 200 Communes françaises accueillent un établissement catholique sous contrat. Elles ont reçu ce guide, soit par la poste soit par courrier électronique, entre le 6 et le 9 avril 2026. Il explique ce qu’est le forfait communal, et comment le calculer… »

« Dans notre département, les OGEC se sont mis à les solliciter depuis 2 ou 3 ans seulement, alors que pendant longtemps ces sommes n’étaient pas réclamées, explique un Élu des Hauts de France. Le Préfet a donné raison aux OGEC, et demandé aux Communes de régler un arriéré sur les 3 dernières années, ce qui provoque pas mal de mécontentement des élus qui ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer pour le privé. » …

« Depuis plusieurs mois, la FNOGEC communique sur les « 900 millions d’euros qui manquent, chaque année » aux établissements de l’enseignement catholique… »

« Ce Guide est un outil de dialogue, pas de confrontation » explique la FNOGEC, par ailleurs à l’initiative d’un recours au tribunal administratif, déposé en décembre 2025, pour contester la baisse du financement alloué aux collèges privés sous contrat par la Métropole de Lyon. »

Est-il nécessaire de commenter ?

Editorial du Délégué laïque n°16

Les choses et les choix sont de plus en plus clairs

Le Délégué laïque a décidé de laisser un peu de temps afin que les choses s’éclaircissent au mieux pour que les DDEN puissent voir les événements se décanter pleinement, et qu’ils puissent se faire un jugement sur plusieurs points. Comme le disait Pierre Desproges, « il vaut mieux se taire parfois au risque de passer pour un imbécile, plutôt que de parler et ne laisser aucun doute sur le sujet. » Nous dédions cet aphorisme à toutes celles et à tous ceux qui ne se reconnaîtront pas dans le propos de l’humoriste et qui, par contre, vouent aux gémonies notre publication par ce qu’elle est une empêcheuse de bureaucratiser et de se renier tranquillement.

Nous allons aborder ces différents points qui s’éclairent d’un jour toujours nouveau dans cet Éditorial. Le Délégué laïque va donc reprendre sa parution régulière pour éclairer les Laïques, les DDEN et le Mouvement laïque dans son ensemble.

● Par « Mouvement laïque », nous entendons bien sûr toutes les associations, organisations, syndicats, enseignants notamment, qui sont restés fidèles au Serment de Vincennes qui déclarait :

« Nous faisons le serment solennel

  • De manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;
  • De lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;
  • Et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »

Un reniement confirmé

● Alors que la majorité des Associations laïques, qui ont rejoint le Collectif pour l’École publique laïque à l’initiative de la FSU, sont claires : « leurs actions visent à l’abrogation pure et simple de la loi Debré par l’élaboration d’un Plan de sortie du financement public de l’enseignement privé », la direction actuelle de la FNDDEN nous chante une autre chanson : celle d’une bonne application de la loi Debré, ce qui est une trahison éhontée du Serment de Vincennes.

Rappelons que ce Plan de sortie commence à être élaboré sérieusement dans ce cadre unitaire, notamment parce que la Libre Pensée en fait une proposition de rédaction avec 3 Propositions de loi pour sa mise en œuvre : https://www.fnlp.fr/2024/05/pour-en-finir-avec-le-financement-public-de-lenseignement-prive/

Abrogation de la loi Debré ou bonne application de la loi Debré, il faut choisir !

Oui aujourd’hui, tel est le choix qui se pose à tout le monde. On ne fera croire à personne qu’une bonne application d’une loi profondément antilaïque, mère de toutes les autres lois antilaïques permettrait en quoi que ce soit d’aller vers l’abrogation de la loi Debré. Réclamer une bonne application de la loi Debré, c’est la conforter comme légitime et non contester son illégitimité antilaïque.

Ce choix : Abrogation/Bonne application, c’est la résurgence d’un vieux clivage sous une autre forme : Laïcité institutionnelle ou Laïcité ouverte. Ce sont les mêmes protagonistes qui agissent pour nous vendre une marchandise avariée et antilaïque.

Ou il y a respect du principe de Séparation des Églises et de l’État par le refus de tout financement public de l’enseignement catholique et privé et pour en finir rapidement avec ce financement antilaïque ; ou en demandant une « bonne application de la loi Debré » on revendique et on soutient de fait cette violation du Principe de Séparation.

Si on est partisan de la « laïcité ouverte, plurielle, etc. », c’est que l’on considère que les religions font parties intégrantes de la Sphère publique et des Institutions de la République, et qu’elles ne sont plus une affaire privée qui ne concerne que les citoyens dans leur liberté de conscience.

C’est pourquoi « bonne application de la loi Debré » et « laïcité ouverte » sont le même reniement du combat laïque authentique, car c’est légitimer l’enseignement privé catholique comme faisant partie intégrante du Service public d’enseignement.

Ce reniement de l’actuelle direction de la FNDDEN l’amène à commettre des actes stupéfiants, comme refuser de signer la Déclaration commune des Association laïques regroupées au sein du Collectif pour l’École publique laïque à l’initiative de la FSU, qui dénonce ce qui s’est passé à Betharram : « Seule l’École publique laïque réalise partout, pour toute la jeunesse, les ambitions intellectuelles, civiques et sociales que le pays lui assigne avec un contrôle institutionnel fort et légitime. Le financement collectif du séparatisme moral, social et scolaire n’est pas acceptable. L’argent public doit aller à la seule École publique. La jeunesse, le pays en ont besoin. »

Comment une Association qui se réclame de la laïcité pourrait ne pas signer une telle Déclaration ? Ce reniement est tout simplement scandaleux et en dit bien long sur ce reniement de l’actuelle Direction de la FNDDEN.

● Ces errements n’ont aucune limite, on a vu la polémique imbécile et sectaire d’Eddy Khaldi contre la Secrétaire général du SE-UNSA, tordant à l’envie un propos, peut-être mal ajusté. Cette polémique, montée de toute pièce, fait que le CNAL ne peut plus se réunir et faire la moindre action, car il faut l’unanimité des 5 ex-organisations constitutives : UNSA (FEN), SE-UNSA (SNI), Ligue de l’Enseignement, FCPE et FNDDEN.

Toutes ces associations sont en désaccord profond et ne peuvent plus rien faire ensemble. Quel beau résultat ! Vraiment les amis qui restent aujourd’hui du CNAL (ce que nous ne sommes pas) doivent être consternés d’une telle attitude de la Direction actuelle de la FNDDEN, car elle est collectivement responsable de ces agissements. Le CNAL est quasiment au fond du gouffre et la FNDDEN va l’y rejoindre prochainement. Oui, vraiment, quel beau résultat !

Nous publions dans le Délégué laïque n° 16 les informations qui montrent que la bureaucratisation de la FNDDEN s’amplifie pour étouffer la voix d’opposants éventuels. Ce qui peut sauver les DDEN, c’est la souveraineté de ses Unions départementales, ce que la Direction de la FNDDEN voudrait bien interdire. Nous rappelons aussi pour mémoire l’intervention d’Eddy Khaldi auprès des autorités académiques du 93 pour faire radier les DDEN de Sevran qui ne lui plaisaient pas.
C’est parce que des DDEN, n’en déplaise, ont refusé cette voie destructrice et se sont adressés à la Fédération nationale de la Libre Pensée pour empêcher ce naufrage programmé et que celle-ci a refusé aussi de ne pas assister une « association laïque en danger ». Un lecteur sourcilleux pourrait croire qu’il s’agit d’un règlement de comptes personnel. C’est ce que voudrait distiller tel haut responsable. La question n’est pas là. La question est : la Fédération nationale des DDEN est-elle à la hauteur de son passé et des enjeux présents ? La réponse est à l’évidence : NON.
Alors en rétorsion la FNDDEN a assigné au Tribunal deux responsables nationaux de la Libre Pensée. Chacun pourra juger de la réalité de ce qu’elle a obtenu au procès, il y a vraiment loin de la coupe aux lèvres, même son avocat a bien du mal à l’expliquer clairement dans le dernier numéro du « Délégué DDEN ».

Comment ne pas partager le constat que fait la Libre Pensée (voir son communiqué qui analyse le jugement en détail) : « C’est la revanche posthume de Léon Trotsky et de toutes les victimes du stalinisme !
Alors pour cela, oui vraiment, merci Eddy Khaldi pour votre contribution judiciaire importante à l’anti-stalinisme ! C’est pourquoi, devant un tel résultat, la Libre Pensée ne fera pas appel de ce jugement.
Il est des condamnations qui sont des décorations ! »

Alors, chers DDEN, à bientôt pour de nouvelles aventures laïques !

Paul Feldman

Affaire FN-DDEN versus Fédération nationale de la Libre Pensée.

Trouver la réalité derrière les mots.
Une victoire à la Pyrrhus

Un différend juridique a opposé la Fédération nationale des DDEN et la Fédération nationale de la Libre Pensée. Ce différent vient d’être tranché en Première Instance par la 17e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris.

Saisie par un certain nombre de DDEN qui contestait le cours actuel de leur Fédération nationale qu’ils estimaient mettre en danger sa pérennité dans son action de défense de l’École publique laïque, la Libre Pensée a décidé de ne pas se taire pour ne pas être accusée de « non-assistance à Association laïque en danger ». Elle a donc publié régulièrement le Délégué laïque pour les aider à s’exprimer.

Le Président Eddy Khaldi au nom de la FNDDEN a donc assigné la Libre Pensée pour injures publiques et diffamations, à propos de deux Éditoriaux du Délégué laïque. Il réclamait :

  • La condamnation du Président et du Secrétaire général de la Libre Pensée
  • La publication du jugement dans le Délégué laïque
  • Le versement de 20 000€ pour dommages et intérêts
  • 6 000€ pour frais de justice.

Au titre de l’action publique, le Tribunal a relaxé le Président et le Secrétaire Général de la Libre Pensée de toutes les poursuites, à l’exception d’une seule : il les a jugés coupables de diffamation – c’est-à-dire d’une « […] allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé […] » – pour ce passage de l’éditorial du 21 octobre 2021 du Délégué laïque : « Ou elle [la FNDDEN] entreprend un sursaut pour se débarrasser de l’équipe du Président actuelle qui l’entraîne à une disparition pure et simple, ou elle reprend force et vigueur sur son orientation traditionnelle d’indépendance. / Ce N° 8 du Délégué laïque publie l’ensemble des documents sur la tentative de réduire au silence ceux qui ne sont pas en extase réglementaire devant Monseigneur Khaldi. / Pire encore, et oui il ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît. Des Unions départementales présentent des candidats au Conseil fédéral, ils sont invalidés, alors mêmes qu’ils remplissent les conditions statutaires exigées de la Fédération. / Pour faire taire les opposants, il désaffilie d’autorité des UD qui ne lui plaisent pas. Un vrai bureaucrate stalinien dans ses œuvres. »

En conséquence, le Président et le Secrétaire général de la Libre Pensée sont condamnés à une amende de 500 euros assortie du sursis – on est très loin de 12 000 euros prévus par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Au titre de l’action civile, le Tribunal les condamne solidairement à verser 1 500€ de dommages et intérêts au Président de la FNDDEN, qui recevra de surcroît 2 000€ pour les frais de justice. Chacun pourra mesurer la véritable portée de l’infraction et la différence entre les demandes et les résultats obtenus par Eddy Khaldi.

Un précédent fâcheux : Une autre histoire commence avec ce jugement

Pour la première fois, un Tribunal condamne des personnes pour avoir qualifié d’autres personnes de « bureaucrates staliniens ». C’est toute l’Histoire du XXe siècle qui bascule par ce jugement.

Chose assez curieuse, cette même 17e Chambre a relaxé un candidat à l’élection Présidentielle qui avait qualifié une autre candidate de « fasciste ». On peut donc dire « fasciste » sans être condamné, mais pas « stalinien ».

● Exit et interdit donc, la fameuse formule de Maurice Thorez : « Je suis le premier stalinien de France… Au camarade Staline, le constructeur génial du socialisme, le chef aimé des travailleurs du monde entier, le guide des peuples, le Maître et l’ami, qui me fit, un jour heureux entre tous, le grand honneur de me recevoir, en témoignage de ma fidélité absolue. »

● Exit et interdit donc Louis Aragon qui « poétisait » : « Je chante le Guépéou nécessaire de France… Il vous faut un Guépéou… Un homme qui a su trouver aux carrefours, chaque fois, la voie véritable, le guide et le chef des millions de constructeurs du socialisme, Staline. »

● Exit et prohibé tous les livres d’Histoire qui encensent l’action des « staliniens » Français dans la Résistance.

C’est la revanche posthume de Léon Trotsky et de toutes les victimes du stalinisme !

Alors pour cela, oui vraiment, merci Eddy Khaldi pour votre contribution judiciaire importante à l’anti-stalinisme ! C’est pourquoi, devant un tel résultat, la Libre Pensée ne fera pas appel de ce jugement.

Il est des condamnations qui sont des décorations !

La Fédération nationale de la Libre Pensée

Paris, le 24 décembre 2024.

120ème anniversaire de la loi de 1905

La Libre Pensée s’adresse au Mouvement laïque pour qui la Laïcité, c’est la liberté et non des interdictions et la répression

Meeting laïque national unitaire :
Samedi 6 décembre 2025 à 14H
Gymnase Japy

1995, 2005, 2015 : A chaque anniversaire de la Grande loi de Séparation des Eglises et de l’Etat ; qui a fondé le respect de la liberté de conscience et qui garantit les libertés d’association, de réunion, de manifestation ; la Fédération nationale de la Libre Pensée a pris ses responsabilités et a organisé des manifestations et des meetings laïques unitaires pour célébrer ces principes de liberté.

Dans cette continuité militante, la Fédération nationale de la Libre Pensée propose aux Laïques authentiques d’organiser ensemble le 6 décembre 2025 un Grand Meeting Laïque national et unitaire pour célébrer et rappeler les principes de libertés et de démocratie qui ont été élaborés sous l’égide du Congrès mondial de la Libre Pensée de Rome en 1904 et qui ont triomphé par un vaste mouvement d’opinion dans le vote de la loi du 9 décembre 1905.

La Laïcité, ce ne sont pas les lois liberticides « Sécurité globale » et « Séparatisme » !

Ces lois réactionnaires sont liberticides, xénophobes, racistes, policières. Elles sont les négations des principes de liberté. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée ne saurait agir aux cotés des xénophobes et racistes pour qui la Laïcité n’est qu’une machine à réprimer nos concitoyens d’origine arabo-musulmane ou présupposés tels et tous ceux qui ne « pensent » pas comme eux.

Force est de constater que les tenants d’une telle conception raciste, policière et répressive sont ultra-minoritaires dans le Mouvement laïque et ne représente rien, même si quelques officines groupusculaires se croient les grenouilles de la Fable de Jean de la Fontaine en se prenant pour une outre gonflée de prétentions et entendent violer les principes de liberté de la loi de 1905.

En aucun cas, la Fédération nationale de la Libre Pensée ne saurait s’associer à des racistes, xénophobes, liberticides, pétris de haine contre ceux qui n’acceptent pas leurs discours de guerre civile.

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse donc à toutes les associations, organisations, syndicats, Obédiences maçonniques fidèles à ces principes de liberté pour qu’ensemble nous nous réunissions le 6 décembre 2025 pour faire prévaloir le principe de la liberté de conscience.

La Laïcité, c’est la liberté !
La liberté, c’est la Laïcité!
Défendons-les ensemble !

Paris, le 15 septembre 2025

Déclaration de la Libre Pensée pour le 119e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905

La loi de 1905, dite de Séparation des Églises et de l’État, assure la liberté et la paix. La France qui a connu les guerres de religion, les discriminations – Alfred Dreyfus n’est réhabilité qu’en 1906 ! – répond par cette loi qui en République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes, par la Séparation des Églises et de l’État. La loi commune découle de la volonté générale du peuple ; les valeurs morales restent du domaine de la conscience privée

TELECHARGEZ AU FORMAT PDF

« Sans autre forme de procès… » ou… « la Fédération nationale des DDEN à la croisée des chemins »

Cette année encore, le bureau départemental de l’Union de l’Isère des DDEN, à l’unanimité, m’a désigné pour être candidat au Conseil Fédéral.

Le Président de l’Union de l’Isère reçoit, le 18 avril 2025, un mail ainsi rédigé :

« Cher Collègue, bonjour

Tu viens de recevoir la circulaire fédérale N° 21 du 18 avril 2025. Lors du vote statutaire du Conseil Fédéral pour valider la candidature de Pascal Costarella au Conseil Fédéral, celui-ci n’a obtenu aucune voix des 19 votants de notre instance. Chaque année des candidatures ne sont pas validées, ce fut aussi le cas l’année passée pour un candidat et aussi les années précédentes.

Amitiés laïques et fédérales.
Pour le Conseil Fédéral
Eddy Khaldi »

Aucune explication concernant les motifs, ni concernant le nombre de candidatures refusées.

Eddy Khaldi parle du « vote statutaire du Conseil Fédéral ». Rappelons que les nouveaux statuts, modifiés lors du congrès du Kremlin-Bicêtre de novembre 2022, n’ont toujours pas été communiqués aux Unions départementales. Un retour en arrière permet de mieux comprendre cette dérive autocratique.

Concernant l’élection du Conseil Fédéral, les statuts précédents indiquaient dans leur article 5 :
« La Fédération Nationale est administrée par un CONSEIL FEDERAL composé de 27 membres élus pour trois ans au scrutin secret lors du congrès national et renouvelables par tiers chaque année. Les membres sortants sont rééligibles ».

Chaque Union pouvait présenter un candidat, le congrès national tranchait. Si on se réfère à la proposition de nouveaux statuts (seul écrit en notre possession) désormais : « La liste des candidats au Conseil Fédéral est arrêtée aux termes d’un vote du Conseil Fédéral » (article 5.1) En d’autres termes, ce sont les membres du Conseil fédéral qui décident qui doit les remplacer ! Composé de 27 membres renouvelables par tiers, le Conseil fédéral a choisi. Il y a 9 membres à élire ? Et bien il y aura 9 candidats… dont 8 membres sortants ! (Circulaire n°21 du 18 avril)

Ainsi, sans autre forme de procès, la candidature de l’Union de l’Isère à laquelle adhèrent plusieurs centaines de DDEN est écartée. Candidature qui ne reçoit, selon Eddy Khaldi, aucune voix de Conseillers fédéraux.

Rappelons aussi que lors du congrès de 2022, l’Union de l’Isère avait proposé un fonctionnement résolument démocratique : un Conseil fédéral composé d’un représentant de chaque Union et qui élit ensuite un Bureau fédéral. C’était le gage d’avoir un « véritable » Conseil fédéral. Cette dérive autoritaire n’est pas sans conséquence pour la Fédération Nationale. Comme il écarte toute voix différente, Eddy Khaldi isole de plus en plus les DDEN.

Délégué au congrès national de Montpellier en 2023, j’ai été frappé par l’absence des associations amies de l’École laïque. Seule l’ANATEEP était présente une partie du congrès, son Président ayant d’ailleurs fait une remarquable intervention. Cet isolement s’est approfondit depuis : même le CNAL ne trouve pas grâce aux yeux d’Eddy Khaldi !

Et ce n’est pas un prétendu « Collectif laïque national », dont la circulaire de la Fédération nationale du 15 avril demande de signer l’appel à une « constitutionnalisation des deux premiers articles de la loi de 1905 » (comme si le fait de tout mettre dans la constitution réglait les problèmes…) qui va « sauver » les DDEN. Dans cette pétition qui parle de remise en cause de la laïcité… pas un mot sur la loi Debré, pas un seul mot ! En revanche, haro sur les musulmans.

Alors oui, la Fédération nationale est à la croisée des chemins. Un sursaut des Unions, des DDEN est indispensable. Le prochain congrès national, en visio conférence, d’une durée prévue de 7 heures, dont Eddy Khaldi nous dit dans la circulaire n°56 du 23 janvier 2025 que « Au congrès de Montpellier en 2024, nous avons décidé que celui de 2025 se déroulerait en visioconférence » (ce dont je n’ai pas souvenir et que rien n’a été publié sur cette question) verra-t-il ce sursaut ?

La façon dont il est préparé ne nous incite pas, hélas, à l’optimisme

Grenoble le 3 mai 2025

Pascal Costarella

Lettre ouverte aux DDEN

Une situation inimaginable  au sein de la Fédération des DDEN de Paris

Un événement grave vient de se dérouler au sein du Conseil d’Administration de l’Union Départementale de Paris des DDEN. Après réflexion, j’estime de mon devoir d’en informer les collègues DDEN.

Lors du CA des DDEN de Paris du 17 juin 2024 un groupe s’est permis, sans discussion préalable, de remettre en cause toutes les décisions adoptées par le précédent CA du 22 avril 2024 et de procéder à un renouvellement complet de la composition du Conseil administration (vote un par un sur chacun des postes !).

Le prétexte ? Le décès de notre collègue Claude Dubois, secrétaire général de notre Union victime d’un AVC lors du précédent CA. Claude était mon ami. Il venait d’être élu Secrétaire général adjoint de notre Union. Comme beaucoup l’ont fait, je lui ai rendu hommage en tant que vice-Président de notre Union Départementale. Cet hommage, et d’autres, a été publié dans le Délégué Laïque N° 15 qui se veut une tribune libre de discussions et d’échanges entre DDEN sur toutes les questions qui relèvent de nos missions en défense de l’École laïque et de notre place dans le nécessaire rassemblement du mouvement laïque.

Ces membres du CA, sollicités par Eddy Khaldi, Président de la Fédération Nationale, ont condamné la publication de cet hommage, mais, plus grave encore, ils ont profité du décès de notre ami pour procéder au renouvellement des responsabilités au sein du CA. J’ai ainsi été éjecté de mon poste de Vice-Président de l’Union.

Cette décision, mûrement et clandestinement préparée au lendemain du Congrès de la Fédération Nationale, est une honte qui rappelle des mœurs sectaires jetant l’anathème et l’opprobre à toute personne qui n’a pas l’heur de plaire au Président même si aucun reproche ne peut lui être formulé sur l’exercice des missions qui lui ont été confiées. Depuis quand rendre hommage à un ami Secrétaire général adjoint de son Union Départementale serait interdit au Vice-Président de son Union qui a milité avec lui pendant des années en faveur de l’École laïque ?

Des questions graves et sérieuses sont en cause

Le précédent CA du 22 avril 2024 avait discuté de l’Appel national unitaire du 28 janvier2024 intitulé : »Il est urgent que la République soutienne pleinement son école publique, la seule de toute la jeunesse vivant dans ce pays« . Cet Appel à l’initiative de la FSU est signé par la plupart des organisations et associations laïques de notre pays dont la Fédération nationale des DDEN. L’appel unitaire rappelle que : « le financement collectif du séparatisme social et scolaire n’est pas acceptable, l’argent public doit aller à l’école publique.« .

Le CA de l’Union de Paris du 22 avril 2024 avait donc décidé de s’adresser-au niveau parisien – à toutes les organisations signataires pour aller vers la constitution d’un large front laïque répondant à une profonde aspiration à se rassembler pour défendre l’École publique seule école de la République. Avec la disparition de Claude et ma disqualification de ma fonction de Vice-Président, cette décision a été abandonnée. Parallèlement Eddy Khaldi décidait de suspendre sa participation au CNAL prétextant d’une phrase prononcée par la Secrétaire Générale de l’UNSA lors d’une réunion dans le Val-de-Marne.

A qui cette proposition unanime était-elle intolérable et pourquoi ? A qui peut profiter la division au sein du Mouvement laïque y compris au sein des Unions départementales des DDEN avec une nauséabonde « chasse aux sorcières » ?

Une chose est néanmoins certaine et pleine d’espoir. Les Laïques aspirent à se rassembler pour défendre l’École laïque attaquée de toutes parts : choc des savoirs, fermetures de classes, loi Rilhac, loi Debré, processus de démantèlement programmé de l’Education Nationale.

Les délits d’opinion et les épurations n’ont pas leur place dans les Unions Départementales des DDEN. Ils doivent être bannis pour aller ensemble vers le rassemblement des laïques dans le respect de la liberté de pensée, d’échanges et de discussions libres et démocratiques.

Gali Harroch, membre du CA de l’Union de Paris des DDEN

Fait à Paris le 15/07/2024

A quoi servent les DDEN ?

La question nous est souvent posée. Depuis plus d’un siècle, les DDEN, « fonctionnaires bénévoles » existent officiellement. Leur statut a évidemment évolué, 2025 n’est pas 1886 ! Pour avoir réponse à cette question, on doit donc se référer à la dernière version du Code de l’Éducation où tout est consigné : leur recrutement, leurs missions, leurs droits, leurs interlocuteurs assortis de recommandations délimitant leurs activités.

C’est l’aspect officiel de leur « fonction administrative » leur octroyant une carte officielle de DDEN après l’acceptation de leurs candidatures par le Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN). Cette « fonction administrative » s’incarne par leur participation de droit au Conseil d’École où ils sont nommés. Ils sont aussi membres de droit des « délégations de circonscriptions » qui doivent élire un Président et un vice-Président. Ensemble, ils constituent une « Délégation départementale » désignant elle-même, un Président et un vice-Président départemental des DDEN.

Les DDEN ont également la possibilité d’adhérer à une Association départementale (l’Union Départementale des DDEN) pour échanger et agir librement en faveur de l’École laïque. C’est l’aspect « associatif » de l’organisation des DDEN basée sur la loi de 1901. Cette « Union départementale » élit des responsables (Président, adjoint, secrétaire, trésorier…) en Congrès annuel des adhérents. Les Unions départementales souveraines adhèrent ou non à une Fédération Nationale qui, selon ses statuts historiques, doit respecter la souveraineté de chaque Union Départementale.

Très utiles pour faire valoir les seuls intérêts de l’École publique et laïque et des élèves que leurs parents lui ont confiés, les DDEN ont historiquement montré une indiscutable efficacité pour obtenir des autorités concernées qu’elles tiennent comptes de leurs remarques et leurs demandes pour assurer le bien-être des élèves dans l’École de la République.

Pour les DDEN, le respect des droits des élèves et de leur famille d’avoir les meilleures conditions de vie scolaire est le moteur de leurs missions et les amènent à travailler main dans la main avec les personnels des écoles où ils exercent leurs missions et avec les amis de l’École laïque et leurs Associations.

Malheureusement, force est de constater les situations de plus en plus difficiles rencontrées par les écoles publiques bien que l’Éducation nationale reste encore le premier Budget de l’État (64,4 milliards d’Euros en 2024). Les établissements scolaires de la maternelle à l’Université souffrent depuis plusieurs années de « réformes successives » qui n’ont pas amélioré les conditions d’enseignement et les résultats scolaires.

Depuis l’avènement de la 5ème République, une avalanche de mesures a non seulement détourné des milliards de fonds publics vers les écoles privées, confessionnelles à plus de 90%, mais elles ont également commencé à désengager l’État dans sa responsabilité d’une Éducation nationale, gratuite, laïque disposant, partout, des moyens nécessaires d’assurer l’égalité de tous les élèves devant l’instruction publique. Le démantèlement de l’Éducation nationale, prôné et engagé depuis plusieurs années, a produit ses effets désastreux pour la scolarité des jeunes générations.

Les DDEN en sont les témoins les plus proches, aux côtés des personnels des écoles et des parents d’élèves. Leur mission n’en a que plus d’importance.

Il suffit de lire les rapports qu’ils rédigent sur l’état des écoles qu’ils suivent pour s’en convaincre : présence d’amiante dans les murs, toitures, sols… traces d’humidité, états des toilettes, fenêtres en mauvais état, avec parfois du scotch pour tenir les vitres fêlées, tapis de sol pourris par l’humidité et la crasse, chauffage défaillant, peintures écaillées, cour de récréation mal entretenues, équipements scolaires usagés, etc… Les DDEN n’inventent rien, la plupart de ces insuffisances, manquements et dégradations sont souvent bien relevés et signalés dans les comptes-rendus écrits des Conseils d’école qui doivent être obligatoirement affichés à la porte des écoles, mais auxquels les autorités de l’Éducation Nationale restent souvent silencieuses alors qu’elles les reçoivent.

C’est une des missions importantes des DDEN que de faire en sorte que toutes les institutions concernées par l’état des écoles publiques soient non seulement saisies, mais encore réactives à ces situations inacceptables qui donnent de nos écoles un visage défiguré, voire scandaleux.

Si les DDEN n’ont pas pour mission de s’occuper des questions pédagogiques, par contre ils ont le devoir que toutes ces insuffisances et abandons des droits des élèves, des personnels et des familles fidèles à l’École laïque soient respectées. N’est-ce pas le premier acte consubstantiel avec l’Éducation des jeunes générations et un devoir de l’État et de ses institutions d’en assumer la responsabilité pour garantir l’égalité des droits de tous ?

Comment la population fidèle à l’École de la République et les collectivités territoriales aux responsabilités importantes en matière scolaire, pourraient tolérer que l’État puise dans les fonds publics, dont l’Éducation Nationale est la principale composante, les milliards pour alimenter un budget de guerre, au détriment des constructions, réhabilitations, rénovations, entretiens, équipements dont les écoles ont un besoin urgent ?

Que resterait-il aux enfants et aux personnels qui vivent tous les jours ces situations de mépris pour les écoles publiques ?

Alors, les DDEN ? Ils ont le pouvoir de signaler aux autorités territoriales, aux autorités de l’Éducation Nationale, jusqu’au Préfet si nécessaire, les atteintes à l’hygiène et à la sécurité, les défections les plus graves, les atteintes à la vie et à la santé des écoliers et des adultes qui s’en occupent. S’ils ne sont pas entendus, ils peuvent voir concrètement, avec les parents d’élèves, les partenaires enseignants, ATSEM, AESH …comment faire pour que l’école soit décente et conforme au bien-être des enfants du peuple.

Les DDEN, tous les trimestres, participent aux Conseils d’école. Le compte-rendu de ces conseils, qui doit être affiché sur le panneau de l’école, devient alors, répétons-le, une arme efficace et sérieuse entre les mains des amis de l’École laïque.

TEMOIGNAGES 

  • Un « comité de suivi des écoles publiques » s’est constitué à Sevran (93), la ville la plus pauvre du 93. Initié par les démarches des 7 DDEN de la ville il se composera des représentants des parents et personnels de 27 écoles publiques sur 28 avec le soutien des syndicats d’enseignants. Un cahier du « Comité de suivi des écoles » composé pour l’essentiel d’extraits très précis des comptes-rendus des Conseils d’École, est édité. Une délégation représentative sera reçue par le Préfet de Seine-Saint-Denis. Feuilletant ces cahiers, il s’exclama spontanément : « Mais ce sont de véritables cahiers de doléances ! ». Il demande à l’Inspecteur de la circonscription scolaire présent s’il avait lu ces documents. Réponse spontanée : « Si vous croyez que je n’ai que cela à faire ! ». Le Maire lui en avait beaucoup à faire (voir lettre ci-dessous) ainsi que la quasi-totalité du Conseil Municipal. L’État débloquera les crédits qui permettront de réhabiliter la plupart des écoles de la ville.

  • Dans un petit village sur les bords de la Loire, une enfant de maternelle, handicapée, rampait par terre. Les enseignants devaient la porter toute la journée. Elle n’avait pas de lit adapté pour dormir, pas de chaise spéciale pour participer aux activités des autres élèves… Le DDEN saisit la Mairie, l’IEN, la MDPH…En un an la situation pour cette enfant change : le lit est arrivé le 1er, et quelques temps après la chaise, et plus tard un fauteuil sur mesure… Le DDEN est invité à chaque réunion de la MDPH qui suit l’évolution de cette enfant…

  • Une Inspectrice de l’hygiène et la sécurité de l’Académie de Nantes, est sollicitée par le DDEN et le Conseil d’École. Elle demande que le sol d’une classe de maternelle où la pourriture détruisait le revêtement alors que des petits y dormaient sur un matelas posé sur le sol. Ce sera fait.

  • Dans une autre école publique, sur le parking où les enfants sortaient et entraient à l’école, un grillage posé par la SNCF, il y a X années, complètement pourri et tordu, n’empêchait pas un ballon de tomber à quelques 10 à 15 mètres plus bas, sur la voie ferrée où le TVG passaient moultes fois par jour. Un an après, l’intervention de la DDEN et du Conseil d’école…la SNCF a tout sécurisé…

  • 12 enfants de 7 familles d’un village vont à l’école publique distante de plusieurs km. Un transport scolaire est nécessaire. Des arguments fallacieux sont donnés : le car ne « pourrait » pas tourner à un carrefour. Vérification faite, il est constaté qu’un autre car parvient très bien à tourner ! Les autorités reçoivent les photos…Bref, une issue positive est attendue. Dans ce même village, les enfants de l’école catholique, eux, ont droit à un car qui les dépose… à la porte de l’école.

Ces quelques exemples, parmi bien d’autres, ne montrent-ils pas que notre École laïque a besoin des DDEN, une composante du Mouvement laïque qui cherche à se rassembler face aux entreprises de démantèlement de l’Education Nationale ?

Denise et Michel Landron

DDEN dans le Maine et Loire

PS : Les lecteurs du Délégué Laïque constateront que cet article précisant la nature des missions des DDEN dans leurs écoles ne parle pas des positionnements de la Direction de la Fédération Nationale et de son Président actuel. Tout simplement parce que de positionnement il n’y en a plus. Le Président Khaldi, qui n’a jamais un mot sur la situation réelle et concrète des écoles, semble bien plus intéressé par les suppliques qu’il adresse au Ministère de l’Éducation Nationale pour obtenir… le financement de ses activités.